La mythologie a ses parts de marché dans la bande dessinée : elle y est omniprésente.
Dans la BD asiatique, la mythologie se ressent dans le statut de "héros" détenu par les combattants nobles. Dans Saint Seiya, la référence est d'autant plus explicite que les héros se battent sous le nom d'une constellation, et donc de la mythologie. Pégase qui défend Athéna de la furie de Hadès, c'est la base du manga.
En France, la mythologie est souvent utilisée comme thème implicite. En témoigne toute la "Mythologic Fantasy" que Crisse a apporté chez Soleil, avec son héroïne grecque Atalante (lecture très divertissante pour les amateurs de mythologie !), l'égyptienne Ishanti, l'indienne Luuna, ou encore la sudaméricaine Cañari. Avec de tels contextes riches en symboles pour les aventures de ses héroïnes, Crisse avoue évidemment sa passion pour les mythologies au pluriel, à l'image de toute la BD qui avoue cette attirance.
L'autre façon de traîter la mythologie en France est d'en créer une nouvelle. L'ancêtre de cette idée est Tolkien et sa mythologie dite de "l'Héroïc Fantasy", elle-même inspirée de la mythologie nordique. Les mondes créées dans l'Héroïc Fantasy par Istin par exemple tentent eux-aussi de créer un monde et sa mythologie (exemple : Les Brumes d'Asceltis).
Aux Etats-Unis, dans le comics mainstream, la mythologie ne se retrouve pas franchement dans l'évocation d'une nouvelle religion puisque les superhéros évoluent dans le monde réel. Néanmoins, leurs pouvoirs sont souvent pris aux pouvoirs de héros antiques. En témoigne chez Marvel la présence de héros directement inspirés de la mythologie, comme le peu connu Hercule ou l'évident et célèbre Thor, dieu du Tonnerre.
Et puis, il y a les façons originales de traîter de la mythologie. Celle de Valérie Mangin dans Les Chroniques de l'Antiquité Galactique (Le Fléau des dieux et Le Dernier Troyen) est très intéressante : replacer la mythologie dans le contexte de la Science-fiction. L'existence de dieux antiques s'explique pour elle par la science du futur, et le Destin oblige des êtres humains-dieux (donc, des héros) à redessiner la même histoire à différentes époques.
Son génie de mari Denis Bajram lie lui-aussi la mythologie à la science-fiction dans son extraordinaire oeuvre Universal War One, mais cette mythologie est celle de la bible : le futur suit implicitement et inéxorablement les étapes bibliques, de la Genèse à Babel. L'oeuvre entière est structurée sur ce principe, et ça donne quelque chose de tout bonnement énorme !
Enfin, le célèbre, l'évident : Enki Bilal. Avec sa trilogie Nikopol, Bilal crée un monde SF culte (devenu maintenant traditionnel...) à la L'Incal et y introduit une mythologie égyptienne, et des dieux plus ou moins bons qui viennent influer sur la destinée de la Terre. L'image de ces personnages à tête d'animaux restera pour toujours dans la mémoire de la Bande Dessinée.
