Alien
De Ridley Scott
Avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt
1979
1979...
Il y a 28 ans que ce film est sorti, et il est toujours aussi efficace dans un genre cinématographique qu'il a lui-même propulsé. 28 ans, souvent copié, jamais égalé... C'est ce que l'on appelle un film culte.
Il faut l'avouer : Ridley Scott a su avoir là une idée de génie. Mélangeant les genres de l'horreur et de la science-fiction, il a réalisé un film mythique, initiateur de toutes les règles du genre pour les films qui suivront : suspense visant à introduire l'angoisse et la tension, monstre peu visible pendant la première moitié du film, quelques réflexions sur la science et l'avenir de l'humanité, des héros qui se font éliminer un par un, un héros principal qui prend du poil de la bête et vainc sa peur... Evidemment, pour nous-autres spectateurs du XXIème siècle, la recette paraît usée jusqu'à la moelle, mais c'est parce que ce film a eu un tel retentissement que, il y a quelques années encore, quasiment tous les films d'horreur étaient basés sur ce modèle !
L'histoire est célèbre : l'équipage du Nostromo est réveillé de son hibernation car l'ordinateur a détecté la présence d'une nouvelle forme de vie sur une planète non-référencée. Or, quand les humains posent le pied sur cette planète très peu accueillante, la seule forme de vie qu'ils trouvent est une sorte d'arachnide répugant qui se fixe sur le visage d'un des hommes de l'équipage pour ne plus vouloir s'en détacher. Bien décidé à débarasser leur camarade de ce masque hideux, l'équipage le ramène dans le vaisseau. Les choses s'améliorent quand l'animal inconnu se détache enfin de son hôte et meurt paisiblement. Manque de bol, le pauvre hôte va bientôt voir sa poitrine exploser, donnant naissance à un monstre terriblement agile et dangereux. Et au fur et à mesure que le monstre grandit, l'équipage diminue...
A être revu maintenant, le film peut paraître vieillot à cause notamment de sa lenteur et du ridicule du monstre quand il apparaît enfin entier : en effet, il y a une infime différence de moyens entre les grosses productions des années 80 et celles d'aujourd'hui ! Il n'empêche que la tension qui y plane, effrayante à souhait, est toujours aussi efficace et que Ridley Scott parvient à jouer avec nos nerfs de façon perverse.
Son coup de génie consiste notamment à avoir mélangé la SF et l'horreur, ce qui permet quelques réflexions d'anticipation : l'idée de l'androïde, thème cher au monsieur (rappelez-vous Blade Runner), est excellente, et en général toute l'atmosphère futuriste est très très bien vue. Mélange efficace aussi sur la nature du monstre, de l'étranger inconnu, de l'Alien, qui correspond à lui tout seul aux deux cauchemars du genre : le parasite qui utilise le corps humain comme hôte, et le monstre anthropophage.
Quant à Sigourney Weaver, qui endosse pour la première fois l'uniforme d'Helen Ripley, elle est tellement naturelle que l'on se demande si elle a conscience de débuter ici une saga marquante du cinéma populaire.
Bref, ce film doit être vu, et peut l'être encore à notre époque, gage d'efficacité, et mérite donc de ce fait amplement son statut d'oeuvre culte.



