Désolé : Largo Winch

Désolé : Largo Winch
Bande dessinée
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Philippe Francq
Edition : Dupuis

Largo Winch fait partie des BD cultes et populaires de référence. C'est pour ça que je l'ai lu et que maintenant je suis vraiment désolé de ne pas avoir aimé.
L'histoire : Largo Winclazv (ou un nom yougoslave du genre) devient multimilliardaire à la mort de son père adoptif, dirigeant du grand groupe W. A la surprise de tout le monde il prend alors la tête du groupe. Mais cette faible brebis en jeans égarée dans le monde des affaires devient la cible priviligiée de tous les méchants pas beaux de la société.
Bref : le monde de l'argent et des entreprises est pourri et Largo en fera les frais tout en réparant ça à coups de coups de boule d'un enfant pas sage. L'individu plongé dans un monde différent : le schéma est bien connu et ultra usé, depuis Le prince et le pauvre à Tarzan... Donc peu d'originalité à trouver dans le contexte.
Les intrigues ensuite, toujours en deux tomes consécutifs et toujours similaires : Largo est la cible d'une machination, mais heureusement il s'en sort grâce à son courage et son astuce, et grâce à ses deux potes bagarreurs Freddy et Simon. Au passage, il couche avec une fille mignonne qui tombe amoureuse de lui, mais qui mourra par la suite... Largo démasque enfin le méchant pas beau qu'il cottoyait au sein même de son entreprise et le tue parce que c'est un garçon aux méthodes expéditives. Puis quand il a le temps, il verse une larme pour la fille qu'est morte avant qu'il ait eu le temps de la baiser à nouveau.
Du James Bond ultra-machiste avec un bad boy comme héros, dans le monde des affaires ("Groupe W, ton univers impitoyable...") : c'est plaisant à lire mais c'est vite à cours d'idées. Quant aux dessins, ils n'ont strictement aucun intérêt...
Désolé pour cette BD qui aura au moins le mérite de nous faire comprendre les opérations financières.

SERIE (HELAS) EN COURS :
Tome 1 : L'héritier
Tome 2 : Le groupe W
Tome 3 : OPA
Tome 4 : Business Blues
Tome 5 : H
Tome 6 : Dutch connection
Tome 7 : La forteresse de Makiling
Tome 8 : L'heure du tigre
Tome 9 : Voir Venise...
Tome 10 : ...Et mourir
Tome 11 : Golden Gate
Tome 12 : Shadow
Tome 13 : Le prix de l'argent
Tome 14 : La loi du dollar
Tome 15 : Les trois yeux du gardien du Tao
# Posté le mardi 09 mai 2006 10:04
Modifié le vendredi 27 avril 2007 05:56

Désolé : L'auberge espagnole

Désolé : L'auberge espagnole
J'avais envie sur cette page de parler des oeuvres qu'on m'a conseillées, qui sont réputées ou dites géniales par tous, mais auxquelles je n'ai vraiment pas accroché...
Cette page s'appelera donc : Désolé

Cinéma
De Cédric Klapisch
Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Cecile de France, Judith Gordèche et pleins d'européens qui servent à rien
2001

Oui : l'auberge espagnole... Désolé...
Pourtant il y avait de bons atouts : l'Espagne, environnement idéal pour filmer la bonne humeur et la chaleur humaine, la jeunesse d'acteurs nombreux et cosmopolites, un humour agréable, et des trouvailles visuelles intéressantes et indéniables : je pense notamment aux accélérés et aux jeux sur l'écran lors de la critique de l'organisation administrative. Bref beaucoup de bonnes idées... Mais...
Mais...
Déjà beaucoup d'acteurs insupportables à côté d'acteurs faire-valoir. Ou plutôt, puisqu'il me semble faire l'amalgamme dangereux personnage-acteur, des personnages insupportables qui déteignent sur le jeu des acteurs... Romain Duris campe Xavier, un opportuniste arriviste. Si ça doit représenter les vingtenaires français, permettez-moi de me sentir très fortement marginal : ce garçon n'a aucun respect de la femme et de l'amour, ni de la famille, ni de rien du tout en fait. A part de lui-même. Audrey Tautou interprète une Martine blasée et chiante : une jolie image de la copine régulière quoi (oui car les personnages sont ici des stéréotypes en fait...). Cécile de France joue une lesbienne garçon-manqué (non non, toujours pas de stéréotype...). Judith Godrèche joue une jeune femme insupportablement niaise et trouillarde... Très peu d'intérêt à voir dans les personnages. Alors on se dit : "le film dépeint les voyages Erasmus, il va y avoir une bonne ambiance, et une jolie peinture de l'Europe". Manque de bol, les autres persos de l'auberge sont sous-traités : impossible de décrire la personnalité de l'un d'eux... On a l'anglaise rousse, l'allemand ordonné (hum hum), l'espagnole à sang chaud, le suédois calme... Que d'originalité ! Et puis plus rien de bien concret à part des anecdotes illustrant une jeunesse qui n'a qu'une envie : fêter la vie. Sauf que ça passe par l'infidélité et autres drogues... La moralité n'en prend pas un coup, non non...
On aboutit donc à un film européen ultra franco-chauvain et stéréotypé, représentatif d'une jeunesse blasée, ratée et en rupture totale avec toute moralité.
Et bien je ne supporte plus ces films générationnels dans lesquels je ne me reconnais pas.
Désolé.
# Posté le samedi 29 avril 2006 05:21

Ubik

Ubik
Littérature

Mesdames et Messieurs, faîtes place au maître, au grand, souvent copié jamais égalé, au gigantesque Philip K.Dick. Avec une poignée d'autres, dénombrables sur les doigts d'une seule main, il a été un des inventeurs du genre SF en littérature. A tel point d'ailleurs que les précurseurs de la SF au cinéma ont choisi d'adapter ses oeuvres (Total Recall, Blade Runner, ou plus récemment Minority Report) et que les critiques de cinéma y fassent référence devant tout cauchemar futuriste paranoïaque absolument taré à la Matrix.
Roi de la réalité virtuelle, maître K.Dick jonglait avec talent avec des thèmes SF exploités en perfection : le voyage dans le temps, la duperie des foules, le futur, les pouvoirs psychiques, les dimensions parallèles, la mort, l'hypnose, la troisième guerre mondiale, les réalités virtuelles, les extra-terrestres ; et ce tout aussi bien dans le format Nouvelle que dans le format Roman.
Ubik est celui de ses romans qui m'a peut-être le plus marqué, talonné de près par l'excellent Substance Mort prochainement adapté lui-aussi au cinéma, car il rassemble quasiment tous les thèmes de la Science-Fiction en un seul roman. Ecrit en 1969, il évoque un futur proche (1992.........) dans lequel évolue tant bien que mal Joe Chip, détective privé spécialisé dans la traque de précogs, ces "monstres" capables de prouesses psychiques telle que deviner l'avenir... Arrive d'ailleurs dans sa vie une de ses médiums fantastiques, aux pouvoirs plus que troublants... Arrive aussi dans sa vie un incident grave : la mort de son patron dans un attentat... Arrive encore la passé qui reprend visiblement peu à peu possession du présent... Arrive enfin la mort, vraie ou non, totale ou non, sous toutes ses formes. Mais heureusement, il y a Ubik : le produit magique pour solidifier la réalité...
Mon résumé doit paraître brouillon et confus : c'est tout à fait normal. C'est ce qui rend K.Dick indescriptible et génial : un monde travaillé et cohérent où peuvent éclater en toute beauté la paranoïa et la schyzophrénie.
# Posté le mardi 18 avril 2006 16:10

Placebo - Sleeping with ghosts

Placebo - Sleeping with ghosts
Musique
Placebo : Sleeping with ghosts
01 - Bulletproof cupid
02 - English Summer rain
03 - This picture
04 - Sleeping with ghosts
05 - The bitter end
06 - Something rotten
07 - Plasticine
08 - Special needs
09 - I'll be yours
10 - Second sight
11 - Protect me from what I want
12 - Centrefolds

C'est encore une fois dans les détours oniriques d'un monde énergético-poético-cauchemardesque que nous emmène la transportante voix de l'androgyne et charismatique Brian Molko, dans ce
quatrième album d'un groupe qui mérite amplement sa place dans le monde de la musique.
Colère, malaise, idéalisme... Ces trois thèmes, intimement liés, sont les maîtres mots de l'album, déclinés à l'infini sur douze pistes travaillées et maîtrisées. Colère, malaise, idéalisme : trois thèmes qui n'en font qu'un, et que la musique seule arrive déjà à faire passer... Alors si on ajoute à ça les paroles de Molko...
Bulletproof cupid ouvre d'ailleurs l'album, sans parole mais avec une énergie pop-rock débordante. English summer rain qui la suit tout de suite, fait montre, quant à elle, d'une mélancolie assez émouvante. Le décor est largement planté pour ce bal des fantômes, alliant la pesanteur du monde réel et la légéreté de l'imaginaire : la chanson qui donne son titre à l'album, Sleeping with ghosts représente très bien cette dualité entre idéal et réalité.
On retrouve dans cet album les pistes connues qui avaient tout pour devenir légitimement les singles de l'album : la dynamique The bitter end, la puissante Plasticine ou encore la magnifique Protect me from what I want. Aux côtés de ces morceaux célèbres pour leur énergie, la douce Special needs parvient facilement à toucher et émouvoir, tout comme la lancinante Centrefolds, qui ferme le bal.
Un album qui explore entièrement et efficacement l'univers de la mélancolie, de la colère à l'émotion. A l'image d'un groupe qui explore pour notre plus grand bonheur les limites du pop-rock.
# Posté le mercredi 12 avril 2006 12:25

Le combat ordinaire

Le combat ordinaire
Bande dessinée
Scénario et dessin : Manu Larcenet
Edition : Dargaud

Angoulème 2004 : le prix du meilleur album est attribué au Combat ordinaire de Larcenet. Ce coup de coeur officiel fait écho au coup de coeur de nombreux lecteurs, attendris et touchés par cette oeuvre hors du commun. Hors du commun car tellement proche du quotidien...
Marco est un jeune photographe fraîchement installé à la campagne. Son affaire marchait bien tant qu'il acceptait de livrer des clichés de victimes de guerre, mais il est aujourd'hui écoeuré d'affronter ces horreurs. Fatigué. Blasé, il caresse son chat en n'osant pas bouger pour aller rendre visite à ses parents. Voilà pour la situation initiale. Impossible de parler du scénario : cette BD n'est pas bâtie sur une trame linéaire, elle explore différentes histoires qui touchent à Marco, différents personnages. Toute une vie, tout un quotidien. Et Larcenet est un génie pour l'avoir compris : l'ordinaire est un terrain d'inspiration on ne peut plus fertile, complexe et riche. Et Larcenet est un double-génie pour avoir su dépeindre cet ordinaire.
Son trait, très spécifique, colle à merveille à l'histoire. Trait simple - histoire simple ; rien de bien choquant, un peu à la manière de Où le regard ne porte pas... Mais là où Larcenet est le plus crédible et le plus touchant dans son tableau du quotidien, c'est dans ses silences... De nombreuses cases sans dialogue, avec des personnages figés. L'idée est excellente, et permet à l'auteur d'implanter humour et émotion par le même procédé.
Humour, émotion. Si le mot "la vie" nous vient en tête pour décrire cette BD, "humour et émotion" viennent le décliner. On se prend sincèrement à rire des délires entre Marco et son frère ; comme on retient difficilement ses larmes aux moments difficiles. Ses crises d'angoisse sont très bien retranscrites et nous plongent vraiment dans un certain malaise ; ses monologues sur fond de photos sont une excellente mise en forme de l'introspection ; les dialogues sonnent très vrais...
La perfection ? Peut-être oui... Non contente de représenter avec talent la vie, cette BD SE VIT.
Le personnage principal, avec ses angoisses, ses colères, ses idéaux manichéens qui en prennent un coup, ses craintes, ses plaisirs, ses passions, ses amours, est tellement touchant... Si l'on y devine de prime abord l'autobiographie de l'auteur, on y voit bientôt notre propre autobiographie... Et ça, c'est tout bonnement énorme : une BD qui nous tend un miroir...

SERIE EN COURS :
Tomes parus :
Tome 1 : Le combat ordinaire
Tome 2 : Les quantités négligeables
Tome 3 : Ce qui est précieux
# Posté le mercredi 05 avril 2006 11:15