De David Fincher
Avec Sigourney Weaver, Lance Henriksen, Charles Dance
1992
On prend les mêmes et on recommence.
Ou plutôt non : on crée une rupture. Et on recommence...
Tout semblait aller pour le mieux pour Ripley après que Cameron l'ait laissée s'enfuir de la colonie infestée, accompagnée de sa nouvelle fille adoptive, d'un beau gosse et d'un pote cyborg. Une jolie happy end.
Oui... Mais Fincher avait d'autres projets pour notre pauvre Helen, qui perd ses compagnons pendant le générique du film et se retrouve seule et abandonnée sur une planète non-moins abandonnée, planète pénitentiaire pour criminels bourrés d'hormones mâles... Et oui, Ripley n'en a pas fini d'en baver ! Manquerait plus qu'un Alien l'ait suivie jusqu'ici, tiens ! Quoi ? Non...
Cameron vomira sur ce film et son réalisateur, lui reprochant d'avoir tué ses personnages secondaires "géniaux", et d'avoir détruit la "magnifique relation mère-fille" qu'il avait installée dans Aliens, le retour. Il est indéniable que Fincher a voulu passer par un nettoyage par le vide pour, me semble-t-il, revenir à la trame du premier opus : une Ripley seule qui doit faire ses preuves devant ses compagnons,
un seul monstre évoluant et tuant à son gré, souvent caché, l'angoisse, etc. Epuration old-school donc, mais aussi originalité, par certains points remarquables : l'Alien croisé avec un chien, suragile et terriblement esthétique, la planète pénitentiaire perdue. Tiens, et puis Fincher reprend aussi des thèmes chers à Cameron : la conneries des humains, qui sont prêts à tous les sacrifices pour étudier ces créatures ; et le cycle de vie Alien développé par la présence d'une mère porteuse pour une future Reine.
On en arrive là au premier point qui fait de cet opus mon préféré : la relation amour-haine entre Ripley et le monstre qui refuse de la tuer. La scène hallucinante dont j'ai mis un extrait en image en témoigne.
Le second point, c'est l'esthétisme. Il n'y a pas à dire : Fincher est un dieu de l'image. Fight Club ou Panic Room en fourniront les preuves définitives ensuite, mais cette scène bluffante de course-poursuite dans les couloirs de la station est déjà d'une folie et d'une beauté exemplaires.
Ces détails font de Alien 3 un film à part dans la saga, très controversé car, à mon sens, davantage axé sur l'esthétique que sur l'horreur en elle-même ou sur l'action. Chacun ses choix,
c'est le principe.
